Société de consommation / Ecologie / Sécurité nucléaire
MàJ 17 mars 2015      

La sécurité nucléaire a différentes facettes
dont la moindre n'est pas la bulle financière

Accidents

Voir wiki : liste d'accidents nucléaires.
Fukushima a illustré une prise en compte insuffisante d'évènements naturels rares : tsunami, séisme... Mais c'est une faute politique plus que technique : on pressentait que les 4 premiers réacteurs du site avaient été construits trop bas : les deux suivants ont été mis plus haut. Le risque d'un tsunami a été confirmé par des spécialistes bien avant l'accident.
Outre les phénomènes naturels extrêmes et les fautes humaines techniques ou financières, il y a les risques d'attentat, de chute d'avion sur une centrale...

Nucléaire militaire

- Les quantités de combustible en cause sont importantes, quoique moindres que celles des centrales.
- Le plutonium (militaire) est plus toxique que l'uranium (civil), la question des déchets militaires est plus complexe.
- Les accidents sont plus difficiles à éviter : sous-marins nucléaires coulés, chute d'avions transportant des bombes...
- La dissuasion nucléaire est inefficace par rapport aux troubles actuels (Irak, terrorisme...).

Si l'on en parle si peu au niveau politique, c'est sans doute que la place de la France dans le monde (elle est membre permanent du conseil de sécurité des Nations Unies...) est liée à sa force nucléaire. Triste conception de la grandeur.

L'opinion publique devrait demander la suppression du nucléaire militaire, avant celle du nucléaire civil. La France devrait montrer l'exemple, unilatéralement. On pourrait se débarrasser du combustible militaire en l'utilisant pour produire de l'électricité.

Compétence, transparence

Une centrale nucléaire demande une compétence technique et une organisation de haut niveau tout au long de sa vie. Les faiblesses de sécurité doivent être diagnostiquées et prises en charge, y compris quand les mesures sont difficiles à décider (arrêt d'une installation posant problème, recours à des experts étrangers, coût...).
La Russie de 1986 était incapable d'assurer la sécurité de ses centrales. Le manque de transparence s'est poursuivi après l'accident de Tchernobyl, avec le chiffre officiel de 56 morts (voir wiki : Tchernobyl). Encore aujourd'hui, l'écart entre les estimations (quelques milliers de décès pour l'AIEA, jusqu'à 900000 pour Greenpeace) montre que la guerre idéologique basée sur la désinformation continue. La sécurité nucléaire ne peut pas être bâtie sur le mensonge.

Déchets nucléaires

Voir wiki : Déchets radioactifs et Stockage en couche géologique profonde.
Une fois les déchets traités, un résidu émettant des radiations doit être stocké des milliers d'années. Pour que ce stockage soit sûr, il faut imaginer les aléas naturels et humains susceptibles de se produire. Sur une aussi longue période, on peut se tromper...
La filière nucléaire a été lancée avec l'idée que les progrès scientifiques à venir permettraient de trouver de bonnes solutions. On cherche toujours. En attendant, la France envoie des déchets en Sibérie, l'Angleterre s'en est beaucoup débarrassé en mer...

Démantèlement des centrales en fin de vie

Il est difficile, long et cher (voir wiki : Démantèlement nucléaire).
Exemple : cohérent avec leur idéologie libérale privilégiant le profit privé, les anglais n'ont pas gardé leurs compétences après avoir construit leurs centrales. Elles sont maintenant obsolètes. Ils les ont vendu récemment à EDF qui va devoir les assumer. Il est très inquiétant de voir un tel sujet, où les enjeux de sécurité sont majeurs, traité par des financiers ne tenant pas assez compte des mises en garde des techniciens.

Le financement du démantèlement est en théorie assuré par une partie de nos factures d'électricité. On peut craindre qu'il ne soit très insuffisant, et se demander si les fonds en question sont réellement disponibles.

Mais il y a pire : où est cet argent ? Une provision, c'est une créance à laquelle correspond une dette. Même sans faire de placements hasardeux, l'EDF a peut-être souscrit à des emprunts nationaux ? Peut-être pas grecs (on sait qu'ils ne seront pas remboursés), mais français (on va bientôt savoir qu'ils ne seront pas remboursés) ?
Les réserves financières de l'EDF sont basées sur des dettes d'insolvables, comme l'épargne de tous les créanciers. Si elles étaient du vent, elles feraient tourner les éoliennes, mais même pas, elles sont du néant.

Conclusion

Le plus grand risque vient du séisme financier qui s'annonce. Il est probable que les moyens financiers nécessaires au maintien du niveau actuel de sécurité nucléaire disparaissent.
La solution passe par un projet de société crédible pour remplacer la société capitaliste en train de s'effondrer. Les moyens techniques et humains nécessaires à la sécurité nucléaire existent, il serait stupide qu'ils ne puissent pas être mis en oeuvre faute d'argent. Nous en serions réduits à regarder, médusés et immobiles, nos centrales exploser...

A gauche, on veut arrêter rapidement 24 des 58 réacteurs français. Pour ne pas les remplacer par des solutions fortement émettrices de CO2, l'idée est de réduire de 30% la consommation d'électricité. C'est mettre la charrue avant les boeufs !
Réduisons d'abord notre consommation énergétique, et si nous y arrivons, nous pourrons en cueillir les fruits : soit par l'arrêt de certains réacteurs, soit pas la réduction d'émissions de CO2...
Voir le document "Sortir du nucléaire, c'est possible" de JM Jancovici. Il juge techniquement crédible le scénario Négawatt... qui commence par la sobriété énergétique !
Quand à la droite, elle veut empêcher AREVA de licencier malgré la baisse des commandes étrangères.
Dans les deux cas, on est dans la pire des démagogies.
Dans le domaine nucléaire, ne pas regarder la réalité en face est gravissime