Société de consommation / Ecologie / Normalisation
MàJ 20 octobre 2014      

La diversité ou le non-respect des normes crée un immense gâchis

La normalisation facilite la concurrence pour les accessoires et les consommables.
Elle permet de trouver des pièces de rechange et donc de réparer.
En réduisant la diversité des modèles, elle réduit les stocks.
     Les fabricants font tout pour l'éviter.

Les ampoules et les appliques

Depuis des dizaines d'années, la durée de vie des ampoules à incandescence est volontairement (entente illicite des fournisseurs mondiaux) limitée à 40 jours. Et oui, 1000 heures, cela fait seulement 40 jours...
Cela a commencé à se savoir. Les fabricants sont passés à un peu plus (souvent 8000 heures) pour les ampoules basse consommation. La fragilisation est alors obtenue par le nombre limité d'allumages...

Mais ce n'est pas la seule manière de faire consommer le consommateur. Il y a la diversité des modèles. Pendant un temps, j'ai voulu n'acheter que des ampoules à culot E27 (grosse vis), les plus courantes.
Hélas, les appliques que l'on trouve habituellement sont adaptées à des modèles d'ampoules rares et chers...

En 2014, la diversité de culots s'est sensiblement accrue (pourquoi ?). Mais il n'y a pas que le culot et la puissance lumineuse...
Il n'y a pas que "incandescente", "halogène", "Fluocompacte ou basse consommation", "LED"...
Il faut choisir aussi le voltage (basse tension ou 220 volts), la directivité (360°, 120°, 30°...), la compatibilité délicate avec les variateurs (voir le site ampoule-leds), la température de couleur...

Castorama confirme : Il existe une multitude d’ampoules et il n’est pas toujours facile de trouver celle dont on a besoin. Du coup, quand on l'a trouvée après un difficile parcours du combattant, on accepte de la payer cher.
Chacun a un bon stock d'ampoules chez lui, mais jamais la bonne...
Évidemment, le gouvernement (lois interdisant certaines ampoules) et les fournisseurs se disent écologiques. Fabriquer toujours plus d'ampoules, c'est écologique...

Les chasse d'eau qui fuient

J'avais une ancienne chasse d'eau. Un petit fil de fer fileté s'est cassé.
Pas moyen bien sûr de trouver la pièce, il faut changer le mécanisme. Mais mon réservoir ne ressemble plus à ceux d'aujourd'hui.
Le vendeur m'a finalement proposé de changer le mécanisme, le réservoir... et la cuvette ! Sans me garantir que cette dernière s'adapterait à la vidange.
J'ai compris qu'il valait mieux changer aussi la maison...

J'ai bricolé pendant plusieurs années dans une grande maison. Dix chasses d'eau. Il y en avait toujours une ou deux qui fuyaient.
J'ai voulu me stabiliser sur un seul modèle de mécanisme, pour avoir au bout d'un moment le même partout. Je n'ai pas réussi :
  • Les modèles proposés par le magasin local de bricolage changeaient en permanence.
  • Le magasin n'avait pas les joints correspondants aux modèles qu'il vendait.
  • Les modèles bon marché se sont révélés simples mais fragiles. Un modèle 5 fois plus cher dans un magasin pour professionnels s'est révélé... compliqué et fragile !!!

Au lieu de normaliser et fiabiliser le matériel, on fait des campagnes publicitaires pour sensibiliser aux économies d'eau.
Cela ne m'aide pas !

Les consommables d'imprimantes

J'ai compté chez un marchand 340 cartouches d'encre différentes pour la seule marque Epson... qui n'est qu'une marque parmi 35 autres.
Ces milliers de cartouches sont évidemment incompatibles. Un immense gâchis sur un produit très polluant.

Les tournevis

Vers 1970, trois modèles suffisaient, un gros, un moyen et un petit. Ils étaient robustes, pratiquement éternels.
On a inventé les cruciformes, puis d'autres. On vend maintenant des boites de centaines d'embouts, dont la plupart ne serviront jamais. Les rares qui servent se déforment ou cassent à la première sollicitation un peu forte. C'est ce qu'on appelle le progrès.
Beaucoup d'appareils ne sont pas démontables sans des tournevis très spéciaux. Pour que l'utilisateur ne les démonte pas, bien sûr, il pourrait se blesser. Mais surtout, pour qu'il ne les répare pas. La sécurité a bon dos...

Les tomates normalisées

Et oui, dans cette jungle où tout est bon pour jeter de plus en plus vite, on normalise les tomates ! On interdit à la vente les tomates qui ne sont pas au catalogue. Au fil des années, le catalogue se réduit, nous allons vers LA tomate parfaite pour le plus grand bonheur de l'économie.
Voyez l'amusante chronique d'Olivier de Robert (5' de vidéo).
Mais si on sait normaliser les tomates, pourquoi pas le reste ?