Bible et zazen / Parabole des talents (Mt 25,14-30) / Suite 4
24 avril 2012      

Parabole des talents, une lecture eucharistique

Situons-nous le jeudi saint, à la messe du soir.

Comme lors de toute eucharistie, la Parole est proclamée : la Torah, le pentateuque qu'évoquent les cinq talents.
La Parole nourrissante est partagée, elle se multiplie comme lors de la multiplication des pains. La joie en est le fruit.

Puis vient cette prière : Comme l'eau se mêle au vin pour le sacrement de l'Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité.
Les deux talents pourraient nous faire penser à cette double origine de l'homme révélée dès l'origine : Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme (Gn 1,27). Joie du ciel qui s'unit à la terre, la bonne nouvelle en est portée aux quatre coins du monde !

Mais ce n'est pas suffisant. La Parole - l'évangile du lavement des pieds (Jn 13) qui vient d'être lu - se réalise totalement. Dieu se fait serviteur.

Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais il s'anéantit lui-même, prenant condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes.(Ph 2,6-7)
Comme Abraham, Dieu n'a pas refusé son fils, son fils unique (Gn 22,12). Son unique talent.
Le Fils de Dieu est devenu Fils de l'homme.
Il creusa la terre, il s'enfouit lui-même, prenant la condition d'argent, de péché.

Il est devenu serviteur, l'homme est devenu son maître !

Le maître demande des comptes. Les envahisseurs romains sont toujours là, les guerres succèdent aux guerres, les crises aux crises, les comptes bancaires ne se remplissent pas.
Dieu prétend s'être rendu proche, mais il n'y a là qu'un serviteur inutile, bon à rien.
Le talent offert est donné à celui qui en a dix. Il sera la clé pour comprendre les dix commandements, mais le maître ne le sait pas.
Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras (Jn 13,7).

S'étant comporté comme un homme, il s'humilia plus encore, obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une croix ! (Ph 2,7-8)
Le serviteur bon à rien, jetez-le dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents !
Tout semble perdu.

Mais voyez la suite : Quand vient le Fils de l'homme, dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il s'assoira sur son trône de gloire... (Mt 25,31...)
Aussi Dieu l'a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au nom de Jésus, s'agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue proclame, de Jésus Christ, qu'il est SEIGNEUR, à la gloire de Dieu le Père. (Ph 2,9-11)

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