Bible et zazen / Les dix vierges (Mt 25,1-13) / Suite 3 et fin
29 août 2011      

Correspondances symboliques et existentielles

Au lieu d'aller tendu vers mon objectif en m'appuyant sur mon intelligence, mes capacités humaines, mes cinq sens terrestres, mon côté masculin et extérieur,
je me tourne vers celle, discrète comme ma main gauche, qui marche à mes côtés. Avec ses cinq sens spirituels, elle est de l'intérieur. Elle regarde, hume, touche, goûte, écoute. Elle papillonne, elle butine.

Bras dessus, bras dessous, nous nous promenons dans le jardin - celui où le Seigneur Dieu se promène aussi, au souffle du jour (Gn 3,8).
Les cinq livres de la Torah, les dix paroles des deux tables de la loi nous guident. Nous les scrutons à la lumière de nos lampes, alimentées par un mélange d'huile des marchands et d'huile venue d'ailleurs.

Ce n'est pas facile entre nous, nous sommes tellement différents ! Elle est souvent loin derrière, elle se laisse influencer par n'importe qui. Je m'impatiente, je l'accuse comme Adam accuse Ève (Gn 3,12). C'est l'enfer !

Mais parfois, nous veillons l'un à l'autre. Je suis avec elle, et elle est avec moi. Le ciel et la terre s'unissent, c'est la joie des noces !

Mais alors, le vrai sens de ce texte ?

C'est un mystère
Quelque chose qu'on n'a jamais fini de découvrir.
Pourquoi ne pas poursuivre la méditation avec la suite du chapitre 25 ?

Postface d'octobre 2015

Le tétragramme divin, YHVH (י ה ו ה) est composé de la lettre Yod (valeur 10, de deux He (valeur 5) et d'un Vav (valeur 6). On peut le présenter ainsi :
י
ה ו ה
10
5 6 5
Le Vav est en hébreu la conjonction et. Il unit ici deux He qui sont comme la main droite et la main gauche (5 doigts chacune). Ou encore, il est comme une colonne vertébrale qui unit le côté droit et le côté gauche, le masculin et le féminin.

YHVH est l'humain unifié, accompli, divinisé. Il est Jésus-Christ, manifestation de Dieu. Il est JE SUIS que nous sommes tous appelés à devenir, nous les humains du 6ème jour.

Mais survient le malin (diabolos, celui qui divise). Se croyant sages, cinq jeunes filles prévoyantes font provision d'huile, comme dans la Genèse isha cueille le fruit défendu. Pendant ce temps-là, les cinq autres, imprévoyantes, sont ailleurs, comme Adam.

L'époux survient au milieu de la nuit. Ne sachant ni le jour, ni l'heure, elles se préparent pour lui. Cinq partent d'un côté, cinq d'un autre. La division fait son oeuvre.
Elle est totale quand les unes se retrouvent dans les noces et les autres dehors.
L'époux est intransigeant, la porte reste fermée. 'Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas. Étrange réponse de la part de celui qui les aurait créées.

Quel est-il donc, cet époux qui survient non pas le jour de Pâques, au lever du soleil, mais en pleine nuit ? Est-il l'époux légitime ?
Pour reprendre l'image de la parabole du "jugement dernier", est-il bouc ou bélier ?