Bible et zazen / Les dix vierges (Mt 25,1-13) / Suite 2
29 août 2011      

Attention aux vierges "prévoyantes"

Nous avons vu que Matthieu emploie le mot grec phronimos (prévoyant, rusé, sage), dans la maison sur le roc (Mt 7) et le serviteur avisé (Mt 24). Ici aussi.

C'est le mot qui qualifie le serpent de la Genèse (Gn 3,1). L'ancien testament nous met en garde, ce n'est pas la sagesse de Dieu (sophia) :
Maintenant, que Pharaon discerne un homme intelligent et sage (phronimos) et qu'il l'établisse sur le pays d'Égypte (Gn 41,33).
Ne sois pas sage
(phronimos) à tes propres yeux, crains plutôt le SEIGNEUR et détourne-toi du mal (Pr 3,7).
Je renverse les sages en arrière et leur science, je la fais délirer (Is 44,25, seule occurrence du mot phronimos chez Isaïe).

St Paul fait la même mise en garde :
Le langage de la croix est folie pour ceux qui vont vers leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, il est puissance de Dieu. L'Écriture dit en effet : La sagesse des sages, je la mènerai à sa perte, et je rejetterai l'intelligence des intelligents. Que reste-t-il donc des sages ? Que reste-t-il des scribes ou des raisonneurs d'ici-bas ? La sagesse du monde, Dieu ne l'a-t-il pas rendue folle ? Puisque le monde, avec toute sa sagesse, n'a pas su reconnaître Dieu à travers les œuvres de la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu'est la proclamation de l'Évangile. Alors que les Juifs réclament les signes du Messie, et que le monde grec recherche une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les peuples païens. Mais pour ceux que Dieu appelle, qu'ils soient Juifs ou Grecs, ce Messie est puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car la folie de Dieu est plus sage que l'homme, et la faiblesse de Dieu est plus forte que l'homme. Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n'y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages ; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d'origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n'est rien, voilà ce que Dieu a choisi pour détruire ce qui est quelque chose, afin que personne ne puisse s'enorgueillir devant Dieu (1 Co 1 18-27).

La sagesse de ce monde est folie devant Dieu (1 Co 3,19). Non seulement nos repères sont mis sens dessus dessous, mais l'homme qui n'a que ses forces d'homme ne peut pas saisir ce qui vient de l'Esprit de Dieu ; pour lui ce n'est que folie, et il ne peut pas comprendre, car c'est par l'Esprit qu'on en juge (1 Co 2,14) !

Notre désir même de savoir distinguer la folie de la sagesse, le bien du mal est remis en cause. Nous ne savons ni le jour, ni l'heure.
Peut-être le huitième jour, celui de la transfiguration (Lc 9,28) et de Thomas (Jn 20,26) ? Peut-être la neuvième heure, les ténèbres ayant envahi toute la terre, quand un grand cri retentit (Mt 27,45-50) ?

Thomas lui dit : "Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment saurions-nous le chemin ?"
Jésus lui dit : "Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie" (Jn 14,5-6)

Celui qui connait le chemin nous demande de veiller (v13). Comme les apôtres, nous ne savons pas veiller une heure avec lui (Mt 26,40).
Personne n'est prêt (v10) pour entrer dans les noces. Jésus est seul dans le tombeau quand on en ferme la porte (Mt 27,60).
Est-ce sans espoir ? Au verset 7, il est dit que les jeunes filles se réveillèrent. Un verbe qui annonce la résurrection.

Suite 3 et fin