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MàJ 9 septembre 2016      

Comment passer de Windows à Linux Ubuntu

Consultation sur un projet de loi numérique
Le gouvernement donne à chacun l'occasion de s'exprimer.
Vous pouvez voter pour l'utilisation des logiciels libres
dans les écoles et administrations,
notamment LibreOffice et Linux.       (octobre 2015)
En août 2015, j'ai remplacé mon ordinateur fixe (vieux de 8 ans et que j'avais passé sous Windows 10 - il marche encore très bien ailleurs) par un ordinateur en kit. Je n'ai pas payé la licence Windows (125 €), j'ai installé Linux Ubuntu. Avec le recul, je m'en félicite ! Au plan fonctionnel, je n'ai rien perdu, au contraire.
Voici quelques repères pour passer à Linux. On trouvera facilement sur internet toutes les informations détaillées : la documentation est excellente.

Généralités

La distribution Ubuntu de Linux, gratuite, s'installe très simplement à partir d'un DVD ou d'une clé USB (1 Goctets à télécharger, soit trois fois moins que Windows).
Mieux : elle peut s'essayer en "live", en "bootant" sur le DVD ou la clé USB. Outre cette commodité d'essayer sans rien changer à son installation, c'est un outil précieux pour dépanner un ordinateur qui ne démarre plus, accéder à son disque dur, tenter de sauver ses données...
Linux est robuste. Il n'a pas besoin d'antivirus. Il n'y a pas de protection anti-piratage (clé de 25 caractères à saisir...) puisqu'il est gratuit.
Linux Ubuntu était plus rapide au boot que Windows 7. Microsoft a fait des progrès, les temps de boot de Windows 10 et Linux Ubuntu 16.04 semblent équivalents.
Il n'y a pas de "pourriciels", ces programmes dont on se demande s'ils rendent un réel service ou cherchent à vous vendre quelque chose.

L'utilisateur occasionnel, qui utilise les fonctions courantes (internet, messagerie, traitement de texte, photos...) et ne cherche pas à comprendre l'informatique, s'y met vite et sans difficulté.
L'utilisateur avancé trouvera pratiquement tous les programmes gratuits dont il peut rêver.
Le passionné d'informatique pourra tout adapter à ses goûts.

Des mises à jour sont proposées au fil de l'eau. Deux nouvelles versions d'Ubuntu (mises à niveau) sortent chaque année, en avril et en octobre.

Les professionnels pourraient préférer Linux Debian à Linux Ubuntu. Les deux sont semblables. Debian ne propose que plus tard les nouvelles versions d'applications, une fois leur robustesse davantage éprouvée.

Mesures préparatoires

La première étape est de renoncer à Microsoft Office, et de s'habituer à n'utiliser que LibreOffice.

La seconde étape est de regarder comment se présente Linux Ubuntu avec ses trois icônes majeures : Rechercher (un programme, un fichier ou n'importe quoi), Fichiers (c'est l'explorateur de Windows) et Logithèque. Il s'y ajoute le navigateur (internet), LibreOffice et Paramètres. Simplissime.

La troisième étape est de vérifier le cas des logiciels payants que l'on utiliserait sous Windows. Ont-ils une version Linux ? Si non, fonctionnent-ils grâce au logiciel Wine, qui permet de faire tourner sous Linux certainess applications Windows ? Si non, par quel logiciel gratuit les remplacer (par exemple, Gimp peut remplacer Photoshop...) ?

Pour l'utilisateur standard, c'est suffisant. L'utilisateur averti pourra compléter avec ce qu'on trouve sur internet, par exemple le site du zéro.
Il y a quelques années, j'avais prudemment commencé par une installation en dual boot (Linux à côté de Windows). Cette phase intérmediaire me semble inutile. Il suffit de faire le basculement quand on dispose d'assez de temps les jours qui suivent pour découvrir et régler Linux.

A noter que Linux fonctionne avec des partitions EXT4 et non pas FAT32 ou NTFS comme Microsoft. Linux sait lire les partitions Microsoft, mais l'inverse n'est pas vrai. Il faut donc formater en NTFS (ou FAT32) les supports que Windows doit savoir lire.

Installation de Linux Ubuntu sur un nouvel ordinateur

Télécharger le fichier .iso de Linux Ubuntu le plus récent, dans la version adaptée au processeur (Intel 32 bits ou AMD64).
Le graver sur DVD (réinscriptible si on veut le réutiliser), ou l'installer sur une clé USB bootable. Booter l'ordinateur sur ce support, et lancer l'installation.
Dans cette phase, bien lire les questions posées (langue, nom de l'ordinateur, nom de l'utilisateur, mot de passe...) pour éviter de devoir changer ces paramètres de base ensuite.
Le mot de passe doit être choisi facile à retenir et à taper. En effet, il est demandé pour toutes les manoeuvres techniques telles que l'installation d'un nouveau programme.

Premiers réglages

Paramètres / Prise en charge des langues complète la francisation. L'essentiel marche d'emblée : navigateur internet, LibreOffice...

S'il y a un second disque dur à formater, installer (via la logithèque) l'application gksu (interface graphique pour l'administrateur).
Ouvrir ensuite l'explorateur de fichiers (qui s'appele "nautilus") en tant qu'administrateur : Alt + F2 ouvre une fenêtre dans laquelle on tape gksudo nautilus. Le mot de passe est demandé, et nautilus s'ouvre.
Le disque dur non formaté est visible dans Ordinateur/mnt. Un clic droit donne accès aux réglages (formatage...).

Si l'écran est mal réglé, voir Paramètres. Le cas échéant, chercher un autre driver sur internet.

Mise en réseau

Au départ, avec le mot de passe réseau s'il y en a un, on voit depuis le nouvel ordinateur les équipements du réseau local qui sont déjà partagés. Mais sur le nouvel ordinateur, par sécurité, rien n'est "partagé".
Pour "partager" /home, /mnt (second disque dur) et /media (lecteur DVD, ports USB), ouvrir nautilus comme administrateur.
Ensuite, pour déclarer partageables les dossiers utilisateurs, ouvrir nautilus normalement (comme utilisateur).

Transfert des données depuis l'ancien ordinateur

J'ai branché mon unique écran à la fois sur l'ancien ordinateur (câble VGA) et le nouveau (câble HDMI) pour passer facilement de l'un à l'autre.
La mise en réseau étant faite, le transfert des données a été facile.

Terminal

Ecrire des instructions dans un "Terminal" semble réservé aux spécialistes. Mais le béotien peut avoir besoin de recopier une instruction trouvée dans la documentation. C'est alors simple :
Se mettre dans le dossier souhaité (via nautilus) et faire un clic droit pour "ouvrir un terminal".
Copier l'instruction, qui commence par sudo s'il faut des droits d'administrateur, et la coller (coller est dans le menu contextuel accessible par un clic droit). La lancer (touche enter).

Imprimantes et périphériques

Beaucoup de pilotes font partie de Ubuntu et s'installent spontanément. Dans les autres cas, il faut chercher dans la documention Ubuntu ou celle du fabricant. Par exemple Brother.
Si vous achetez un périphérique, choisissez une marque qui se préoccupe de sa compatibilté avec Linux. Évitez par exemple les GPS TomTom.

Applications pré-installées ou gérées dans la logithèque (exemples)

Navigateur Firefox. J'ai rajouté les extensions Adblock (blocage de publicités), Wot (signalement des sites douteux) et Unplug (téléchargement de ce qui est proposé en streaming - Il faut mettre l'affichage de l'icône sur la barre d'outils).
LibreOffice (la base de données, accessible par la logithèque, n'est pas pré-installée)
Evince, un afficheur de document qui remplace Adobe Acrobat Reader pour les documents .pdf (Adobe ne propose plus de version Linux de son produit).
Skype.
VLC, lecteur multimédia.
Xsane (scanner). Avantage sur les produits propriétaires : une ergonomie unique pour tous les scanners.
Filezilla, transfert FTP.
Gimp, équivalent de Photoshop, mais moins performant.
Python, Java et Mono, soubassements techniques utiles.
Calibre, gestionnaire d'ebooks.
Tellico, gestionnaire de collections (bibliothèque de livres...). Je ne connais pas d'équivalent gratuit sous Windows.
CherryTree organise la prise de notes.
GParted, pour gérer les partitions des disques durs, plus puissant que les outils intégrés à Windows.
Fslint, un excellent nettoyeur de fichiers.
Inkscape, célèbre éditeur d'images vectorielles.
Geany, un éditeur sous Linux meilleur que Notepad++ sous Windows.
PyRenamer permet de renommer un lot de fichiers.
Grsync gère les sauvegardes, je le préfère à l'outil intégré à Ubuntu.

Autres applications Linux hors logithèque Ubuntu (exemples)

Le mode d'installation est simple. Télécharger le fichier .deb trouvé sur internet. Clic droit, installer avec la logithèque.
TeamViewer (accès à distance à d'autres micros pour télémaintenance).
XnViewMP. J'aime ce gestionnaire de photos, meilleur que Gthumb proposé par la logithèque, et plus simple que Gimp.

Polices de caractères

Il est utile de les compléter avec des polices Microsoft pour avoir la même mise en page qu'avec Windows. Ubuntu ne propose pas tout pour des raisons de licence.
Dans un terminal, lancer l'instruction sudo apt-get install ttf-mscorefonts-installer. Accepter les conditions ("OK" est accessible avec la touche TAB).
Puis ajouter des polices (c'est à dire des fichiers .ttf) dans le dossier usr/share/fonts/truetype/mstcorefonts avec des droits d'administrateur (Alt F2 puis gksudo nautilus). On trouve ces fichiers sur internet ou dans le dossier C:/Windows/Fonts d'un ordinateur sous Windows.

Installer des applications "Windows" sous Linux

Wine, proposé dans la logithèque, permet d'installer des applications Windows (fichiers .exe).
Une fois Wine installé, il suffit d'un clic droit sur le fichier .exe et de choisir "ouvrir avec Wine" pour installer l'applications Windows.
Wine marche bien dans 80% des cas. PlayOnLinux s'appuie sur Wine et le complète.
Certaines applications Windows, telles Microsoft Office, complexes ou bardées de dispositifs anti-piratage peuvent poser des problèmes.
AntMovieCatalog, qui gère des catalogues de vidéos, marche très bien.
BibleWorks, puissant logiciel biblique, marche bien.
FreeCommander, un explorateur à deux panneaux que j'utilise pour synchroniser des dossiers, marche.

En cas de besoin incontournable que Wine ne satisfait pas, VirtualBox permet d'encapsuler un second système d'exploitation dans Linux Ubuntu. La mise en oeuvre n'est pas plus complexe qu'une installation de Windows, et c'est fiable. On peut passer plus facilement de Linux à Windows et réciproquement qu'en dual boot. Mais il y a des inconvénients :
     - Il faut une licence Windows.
     - Il faut de la place sur un disque dur (40 Go par exemple).
     - Il faut réserver de la mémoire RAM (3 Go par exemple pour Windows 10 64 bits), ce qui réduit d'autant ce qui est disponible pour Linux quand VirtualBox est ouvert.
Pour un usage normal, mieux vaut choisir un système d'exploitation et un seul.

Le client vu côté vendeur :
     Une vache à lait
     La nourrir de publicités
     La distraire, pour mieux la traire