Société malade / Quelle alternative ? / François Asselineau
MàJ 23 avril 2017      

François Asselineau et l'Union Populaire Républicaine

J'ai visionné avec intérêt trois vidéos sur la tromperie universelle comme mode de gouvernement (voir vidéo 1, vidéo 2, vidéo 3). Elles ouvrent les yeux, une fois de plus, sur l'effroyable niveau de mensonge et de manipulation auquel nous sommes soumis. Même le prix Nobel de la paix est attribué en fonction d'intérêts politiques ou économiques !
En juillet 2016, José-Manuel Barroso, ex président de la commission européenne, est embauché par Goldman Sachs (la banque américaine qui a aidé la Grèce à "présenter" ses comptes de façon à pourvoir intégrer l'Union Européenne). C'est à la fois une confirmation des thèses de François Asselineau et un désastre pour l'Europe. En Angleterre, le Brexit l'a emporté de peu avant que ceci ne soit connu. En cas de nouvelle consultation populaire où que ce soit, l'issue ne fait pas de doute : les peuples ne peuvent que refuser d'être menés par les intérêts financiers d'une petite élité internationale.

L'Union Populaire Républicaine, créée en 2007, semble séduire : le nombre d'adhérents devient significatif.
Au-delà du recul salutaire que François Asselineau, son fondateur, nous aide à prendre, que penser de son programme ?

L'axe majeur est le non à l'Europe. La France doit reprendre son indépendance.
En effet, l'Europe est de fait sous le joug de l'idéologie capitaliste et guerrière anglo-saxonne. Les cultures propres de chacun sont laminées.
Voir une vidéo de Vincent Brousseau, ex-économiste de la BCE, tête de liste UPR aux européennes, qui l'exprime à partir de son expérience.

Ce diagnostic me parait juste. Dans un contexte mondialisé, nos dirigeants n'ont aucune marge de manoeuvre.
Il est vrai que la France serait plus libre de ses choix si elle ne dépendait plus de l'Europe.
Mais quels sont les choix de société différents que François Asselineau propose pour une France redevenue libre ? Curieusement, ils sont seconds. L'important est de quitter l'Europe ! De remettre des frontières pour ne plus être pillés.
Et après ?

On voit sur le site de l'UPR :
     - L'euro ruine notre pouvoir d’achat,
     - Récupérer au moins 11 milliards d’euros par an,
     - Défense des intérêts commerciaux de la France,
     - Relance du pouvoir d’achat, de la croissance.

Il s'agit donc de poursuivre dans la voie de la consommation, de la croissance. Nous aurions davantage de succès en le faisant pour notre compte (allusion à notre intelligence qui serait supérieure ?). Nous éviterions de payer pour les autres (la Grèce...) et pour la bureaucratie de Bruxelles.
"La France va retrouver sa vraie personnalité" est-il dit. Chacun met ce qu'il veut derrière ces mots qui n'évoquent qu'un retour au passé.

Sur les questions importantes, François Asselineau n'impose pas ses idées, il veut laisser les français choisir. Il demande à ses adhérents de s'unir sur la seule perspective de quitter l'Europe, et de mettre en veilleuse les opinions variées sur les sujets qui fâchent (ou les désaccords qui pourraient porter préjudice à la stratégie électorale ?).

Il est loin d'ouvrir le débat sur le passage d'une société du "toujours plus" asservie à la concurrence à une société de tempérance solidaire.

Programme détaillé

En septembre 2014, on trouve sur le site de l'UPR le programme en 20 points expliqué par 5 heures de vidéo ou dans un document de 60 pages. Ce programme confirme l'analyse ci-dessus. Voici quelques extraits significatifs.
Introduction : Adapter aux conditions de 2012 le programme du Conseil national de la Résistance de 1944.
Point 1 : sortir de l'UE et de l'euro.
Point 6 : Évincer les fonds d’investissement et les grandes groupes de toutes les sociétés liées au service public.
Point 7 : Interdire les activités de lobbying.
Point 8 : Rétablir le contrôle des mouvements de capitaux.
Point 9 : Re-nationaliser (une douzaine de sujets sont cités).
Point 10 : Garantir un niveau de rémunération et un logement, augmenter immédiatement le SMIC à 1500 € brut par mois.
Point 13 : Garantir la santé pour tous (diverses mesures dépensières sont citées).
Point 15 : Pour les retraites, arrêt immédiat de l’augmentation du nombre d’annuités (plafonné à 41) et du report de l’âge légal.
Point 17 : Retirer la France de l'OTAN, désengager nos armées des guerres menées sous couvert de l'OTAN.
Point 18 : Organiser des référendums sur la politique énergétique, la dette publique et l'immigration.
(cela veut-il dire traiter ces sujets complexes par une question et une réponse oui / non ?)
Point 20 : Ce programme n’aborde délibérément pas la fiscalité, la politique des transports, du tourisme, de l’environnement, de la fonction publique, des sports, de la culture, de la ville, etc., de même que certains "sujets de société" comme l’euthanasie, l’IVG, le mariage homosexuel, la dépénalisation de telle ou telle drogue, etc. Ce sont des débats clivants, qui doivent être mis de côté pour l’instant puisque nous devons tous nous rassembler sur l’essentiel.

Rien sur l'impossible plein emploi et l'impossible croissance (l'UPR veut améliorer la situation des salariés et ne parle pas des chômeurs, des emplois précaires... comme si l'on était en 1944 avec la reconstruction à faire !), rien sur le budget (comment payer ce programme ?), rien sur la dette (qui va la payer ?), rien sur l'écologie, rien sur l'efficacité de la fonction publique (et pourtant l'UPR veut nationaliser)...

A noter que François Asselineau critique violemment le FN (et le front de gauche) comme "faisant partie du système".

Il dénonce "ce qui ne va pas", ses analyses sont intéressantes. Mais ses propositions démagogiques de retour au passé (le Brexit pour tous) ne répondent pas, au contraire, aux défis actuels.

Ajout des 13 et 23 avril 2017 : l'Europe

Sortir de l'euro est techniquement impossible sans une effoyable casse financière. En effet, il faudra du temps pour préparer cette sortie. Comme le futur franc perdra 20 à 30% de sa valeur, chacun va anticiper les conséquences, créant une panique dramatique. Voir un interview de Jacques Attali sur le sujet, et les réactions passionnelles (faute d'argument) qu'il suscite. Voir aussi une vidéo fiction.
Pourquoi une personne aussi intelligente que François Asselineau n'explique-t-il pas "comment faire pour sortir de l'euro" ? C'est un idéologue irresponsable, comme l'extrême droite et l'extrême gauche. Passer de l'idéologie au pragmatisme, c'est à dire traiter les problèmes un à un, est une évolution essentielle des mentalités pour que notre société progresse.

Vouloir sortir de l'Europe ne se justifie que par l'éventuel constat que les lois européennes sont plus mauvaises que les lois françaises.
Vu le volume et la complexité des législations, un tel diagnostic est impossible. On peut tout prouver en choisissant ses exemples.
La Grande Bretagne se trouve face à la nécessité de réécrire, sur de nombreux sujets très techniques sur lesquels elle n'a plus de compétences, des textes nationaux qui remplaceront les textes européens. Pour cela, elle devra reconstituer des dizaines d'équipes pointues, ce qui sera très long et onéreux. Quelle sera la qualité du résultat ?
La classe politique française est-elle "meilleure" que les décideurs européens ? Plus intègre ? Plus compétente ?
Sur les sujets que j'ai approfondis en travaillant sur le Revenu de Base (minimas sociaux, prestations familiales...), le constat est accablant. Notre système législatif national est inutilement complexe, opaque, inepte. Nos décideurs, complétement dépassés, ne cessent de l'empirer avec de nouvelles "rustines".

Les programmes des candidats aux élections sont du niveau de conversations de bistrot, alors qu'aucune amélioration n'est possible sans un travail avec des spécialistes de la législation actuelle (les fonctionnaires qui en sont responsables ?). Les économistes auxquels on donne la parole sont trop souvent des théoriciens qui n'en connaissent pas les détails. Qui plus est, ils sont suspects de partialité (en faveur par exemple de ceux qui les payent). "Comment manager l'État de manière efficace et démocratique" est une question essentielle, vu la faillite de l'organisation actuelle.