Société malade / Endettement / Le cas de la France
MàJ le 27 novembre 2016      

Dette souveraine : le cas de la France

J'invite le lecteur à lire la page de wikipédia consacrée à la dette souveraine de la France. Supposant cet état des lieux connu, je me borne ici à souligner quelques points.

Le niveau de la dette française est dans la moyenne européenne. Si une "explosion" survient, elle sera européenne (ou mondiale). grahique sur la dette, extrait du PLF 2017
Chaque année, la dette augmente au premier semestre et non pas au second, car les recettes de l'État sont plus fortes en fin d'année. Les compteurs en ligne sont d'une fiabilité douteuse.
Les 2171 milliards de dette mi-2016 selon l'INSEE représentent 98,4% du PIB, au lieu de 97,6% un an avant. La dette continue donc de croître plus vite que le PIB.
Le graphique ci-joint est extrait du Projet de Loi de Finances 2017. Il donne une impression positive, très différente du graphique de wikipédia. Le gouvernement se félicite d'un déficit budgétaire de seulement 70 milliards en 2016 et 69 milliards en 2017 ! Rappel : il espérait le ramener à 60 milliards dès 2013, à une époque où les intérêts de la dette pesaient plus que les 42 prévus au budget 2017.
Pour juger des chiffres précédents, il est bon de les rapporter aux recettes de l'État : 302 milliards en 2016, 307 milliards en 2017 hors sécurité sociale, retraites et chômage.

Attention aux chiffres et à leur présentation

Les projets de loi comprennent :
    - le détail des modifications des textes législatifs,
    - l'exposé des motifs.
Seul le second est lisible. Mais il est l'équivalent d'une plaquette commerciale : assez exact pour ne pas être traité de mensonger, mais flatteur. Examiner le détail des textes reste indispensable.

 

Bruxelles demande notamment à ce que le déficit reste inférieur à 3% du PIB. Certaines manoeuvres améliorent l'indicateur, par exemple :
     - La dette de la SNCF, bien cachée, croit régulièrement.
     - Les retraites futures ne sont pas comptées dans la dette. France Telecom a versé une soulte en cash pour que l'État prenne à sa charge les retraites de ses personnels.
     - Au lieu d'emprunter pour investir, des services de l'État font assumer la charge de certains investissements (hôpitaux, stades...) par le privé, et payent ensuite une location. Au final, c'est une solution très onéreuse.
La dette réelle est ainsi sous-estimée.

 

Endettement de l'Unedic


Qu'en pensent les responsables ?

Wikipédia termine son article en indiquant le point de vue du groupe dit "Arvernes", composé de hauts fonctionnaires, de chefs d'entreprise et de professeurs d'université. Selon eux, il y aurait trois urgences. Leur point de vue, d'une désolante vacuité, ne laisse espérer aucune amélioration. Il rejoint l'abdication générale sur le sujet.
Le graphique ci-joint, extrait d'un rapport de l'Unedic de septembre 2016, confirme : il n'y a plus de pilote dans l'avion.

Suite