Société de consommation / Commerce / Concurrence
MàJ 29 mai 2013      

La concurrence est le fondement du libéralisme
Elle ne fonctionne pas

La théorie

Dans un marché fluide, les prix s'établissent par la loi de l'offre et de la demande.
La concurrence pousse à améliorer le rapport qualité / prix.
En laissant faire les acteurs économiques, tout ira bien.

Les ordinateurs

Il semble y avoir de la concurrence en informatique. Mais :
  • Le système d'exploitation Windows est unique
  • Les processeurs sont fabriqués par Intel ou AMD
  • Très peu d'usines fabriquent les mémoires, disques durs et lecteurs DVD. Une inondation en Thaïlande (2011) crée une pénurie mondiale.
  • L'assemblage des composants pour faire un ordinateur ne représente qu'une faible part de son coût
  • Sur un créneau logiciel complexe donné, il y a souvent un monopole du meilleur : Adode Reader, Photoshop, suite bureautique Microsoft...
Finalement, la concurrence ne serait réelle que dans les circuits de distribution. Même pas : la diversité des références est là pour empêcher le consommateur de comparer les prix entre deux enseignes.

L'agriculture

Voilà un domaine où les producteurs sont nombreux, la concurrence devrait marcher. Et bien non : voir l'intervention d'Alain Fauconnier en mai 2011 au Sénat sur le suicide des agriculteurs.
La concurrence entre pays différents par leurs climats et leurs règles sociales nivelle par le bas le niveau de vie des agriculteurs.
Il suffit d'un léger excédent de l'offre par rapport à la demande pour que les prix s'effondrent. Ou au contraire qu'ils flambent si l'offre est insuffisante.
Ce phénomène est aggravé par la spéculation, la puissance de peu de gros acheteurs et le faible coût des transports.
Finalement, l'État doit intervenir en permanence pour sauver la filère agricole. Répartir des subventions de manière juste étant impossible, c'est un mauvais remède qui donne lieu à des abus (fausses déclarations...).

La téléphonie

Une grosse part de l'infrastructure est le réseau historique unique de France Telecom. L'État fixe artificiellement les prix et conditions auxquelles Orange doit le mettre à disposition de ses concurrents.
Les trois (bientôt quatre) opérateurs mobiles travaillent ensemble pour partager les points hauts (antennes), c'est techniquement nécessaire.
Ils ont été condamnés plusieurs fois (et encore fin 2012, voir Les Echos) pour entente illicite. Or, leurs dirigeants ne sont pas des mafieux. La cause est structurelle, les ententes sont pour eux le seul moyen de (sur)vivre.
La concurrence est faussée par la complexité des tarifs : le consommateur est incapable de comparer. Mais on ne peut pas non plus laisser tous les consommateurs plébisciter le même, on reviendrait au monopole !

Une guerre à mort

La concurrence sauvage a pour conséquence la disparition des entreprises faibles. Le meilleur reste seul et engrange des profits illimités. La concurrence tue la concurrence !!!
L'enjeu étant une question de vie ou de mort, tous les moyens deviennent bons pour gagner.
Certains économistes justifient cette élimination des plus faibles. Leur vision de l'homme est aussi déformée que celle des kamikazes extrémistes. Quelle éducation les a menés là ?
L'État n'en finit pas de légiférer et condamner pour éviter les plus grosses anomalies. La complexité des lois augmente au point que personne ne les maîtrise. Sauf les juristes des grosses entreprises mondiales qui savent profiter de leurs failles. L'excès de lois contribue à tuer les petits (artisans...).
La concurrence est naturellement malfaisante.
Elle devient bienfaisante lorsqu’elle s’exerce dans le cadre juridique
qui la plie aux exigences de l’optimum du rendement social.   (Maurice Allais, 1943)

La non-concurrence ne fonctionne pas non plus

Les prestations des notaires seraient en France deux fois plus chères qu'en Allemagne, et quatre fois plus qu'en Angleterre.
Un lobby influent qui sait se défendre.

Plutôt que de mettre en cause telle ou telle profession, la solution ne serait-elle d'imposer davantage les gros revenus ?