Bible et zazen / Comment lire la Bible / Quelle traduction ?
MàJ 24 décembre 2017      

Quelle traduction de la Bible choisir ?

J'utilise habituellement la traduction liturgique, bien qu'elle soit peu fidèle au texte original hébreu ou grec. En effet, c'est celle que j'entends souvent et que je mémorise facilement.
Dans sa version de 1974, elle se limitait aux textes utilisés dans la liturgie. La nouvelle traduction liturgique (2014) a été complétée, et des erreurs ont été corrigées. Elle garde sa principale qualité : elle est belle à proclamer.

La Traduction Oecuménique de la Bible (TOB) et la Bible de Jérusalem (BJ) ont été fortement influencées par la démarche historico-critique qui a dominé de 1950 à 2000. Cette démarche utilise les sciences (archélogie, linguistique...) pour analyser les textes comme s'ils avaient été écrits par l'homme, alors que l'Esprit-Saint en est le premier auteur (cette "foi" n'est pas démontrée. Elle s'enracine pour moi dans la fréquentation de la Parole). Les textes originaux sont souvent "corrigés" pour être rendus conformes à une logique humaine, au lieu d'être respectés dans tous leurs détails, y compris étranges. Les notes de bas de page se limitent au premier degré du texte, ils n'invitent pas à entrer dans les quatre sens de l'Écriture. Par contre, les renvois latéraux sont précieux, ils aident à faire des correspondances.
Les versions récentes ont été améliorées.

Voir une présentation de la Bible en français courant que je n'utilise pas. Une nouvelle édition est prévue en 2018.

La Bible Louis Segond (1910 révisée 2007), protestante, est à la fois récente et proche des textes originaux.

La traduction de Chouraqui s'enracine dans une très bonne connaissance de l'hébreu, du grec et de la culture juive. Atypique, son vocabulaire nous invite à passer du sens littéral à des sens figurés.

Les Bibles Crampon (1923) et Darby (1872) sont anciennes, mais proches des textes originaux.

Soeur Jeanne d'Arc a traduit de manière remarquable les quatre évangiles (et uniquement eux) en restant très proche du grec.
Encore mieux pour ceux que le grec ne rebute pas : le nouveau testament interlinéaire grec/français. La TOB et la Bible en français courant s'y ajoutent à une traduction mot à mot.

Au final, pour travailler un petit passage en restant au français, il est bon de regarder trois traductions : une récente classique (TOB, BJ ou Segond), une plus littérale, et Chouraqui. On pourra ainsi "sentir" quelque chose de l'original.

Beaucoup de traductions et d'outils sont disponibles sur le web. La page "Liens" du site catechese.free.fr en signale un certain nombre.

Logiciels bibliques

Voir une liste de logiciels payants ou gratuits.
Pour ceux qui travaillent sur les versions grecques ou hébraïques, voir un comparatif en français de quatre logiciels très puissants.
J'utilise pour ma part BibleWorks. J'ai réussi à faire fonctionner sous Linux Ubuntu / Wine les versions pour Windows BW 7, 8 et 9. Je n'ai pas testé la version BW10.

Le projet BEST : Bible En Ses Traditions

L'école biblique de Jérusalem, après dix ans de travaux, a mis en ligne en 2016 un gros projet qui continue à s'enrichir. Allez voir le site www.bibletraditions.org. 350 universitaires y travaillent.

La question des droits d'auteur

Elle se pose d'une manière nouvelle du fait d'internet.

Le rêve d'une diffusion gratuite
On aimerait que la Bible soit téléchargeable gratuitement. Il y a eu des progrès depuis quelques années, c'est maintenant vrai pour beaucoup de traductions, au moins chapître par chapître.
On aimerait que les logiciels bibliques, tel BibleWorks, contiennent les principales versions récentes. Les droits d'auteur sont encore un frein. En 2016, Didier Fontaine n'a été autorisé à inclure dans Bible Parser que l'ancienne version de la traduction liturgique de la Bible.
On aimerait pouvoir consulter (avec des outils informatiques de recherche de mots clés) les écrits spécialisés. Aujourd'hui, pour consulter une version papier des traductions françaises des Pères de l'Église (La Procure propose plus de 500 volumes de la collection "sources chrétiennes" pour environ 20000 €), il faut aller dans une bibliothèque spécialisée. Faudra-t-il attendre 70 ans après la mort des auteurs (ici, les traducteurs) pour avoir un accès commode à ce trésor ?
Un paradoxe : les livres spécialisés sont écrits par des "gens d'Eglise" et souvent achetés par d'autres "gens d'Eglise". Le système ne tourne-t-il pas en rond, avec comme conséquence une faible diffusion et des prix élevés ?

Vu des auteurs et des éditeurs
Sauf pour les best-sellers, les droits d'auteur (6 à 8% seulement du prix d'un livre) sont insuffisants pour vivre.
La situation des éditeurs est également précaire. Ils doivent assumer des coûts fixes importants. Il faut relire, mettre en page... Une diffusion par internet évite les coûts d'impression, mais ceux-ci ne représentent qu'une petite partie du total.
Le système actuel procure des revenus élevés voire indécents à un tout petit nombre de chanceux, et des revenus insuffisants à la plupart. Seul le meilleur gagne, les autres meurent. C'est la dure loi de la concurrence : un travail qui ne se vend pas n'est pas rémunéré. Comme de plus en plus les recettes dépendent du nombre de clients, alors que les coûts (duplication et diffusion) en dépendent très peu, il en résulte une aggravation des inégalités.

Que faire ?
Notons d'abord que le système actuel a été un progrès par rapport à la dépendance de mécènes, et qu'une rémunération par un État (dictatorial) serait une régression. Comment faire mieux ?
L'école biblique de Jérusalem met à la disposition de tous un immense travail  BEST. Ceux qui le veulent peuvent participer financièrement.
Comment, dans notre société, donner une plus grande place au gratuit tout en assurant à tous un revenu ? C'est un des enjeux de la réflexion sur un revenu de base.

Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement [Mt 10,8].
Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête [Lc 16,9]

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