Bible et zazen / Comment lire la Bible ?
MàJ 21 avril 2012      

La Bible m'ennuie, que faire ?

Lire la Bible a longtemps été pour moi comme un océan d'ennui. Avec quelques rares lumières entre les textes trop connus et les textes difficiles.
Fallait-il être ascète, poète ou historien pour l'apprécier ? J'étais ingénieur...
J'ai tenté les cours historico-critiques, les exercices de St Ignace... en vain.

Jusqu'à la découverte de la catéchèse biblique symbolique...

Mise en garde

Certains de mes commentaires pourront surprendre, voire choquer.
Il m'est arrivé souvent, en travaillant des textes, de découvrir qu'ils disaient le contraire de ce que j'avais cru jusqu'à présent, de ce que j'entendais dans les homélies, des exégèses que je lisais. Est-ce que je me trompais ?

Si le rôle de l'Église n'est pas de dire la vérité, mais de mettre l'homme en relation avec la Parole de Dieu, alors il est normal que cette Parole résonne en chacun de manière particulière.

Si la compréhension que j'ai de la Bible change, c'est qu'elle me convertit, c'est bon signe !

J'ai eu la joie de découvrir récemment que je n'étais pas seul à vivre cette expérience :
J'ai acquis, depuis que je lis les Écritures, une solide expérience des phrases inversées... Souvent, ce qui est d'abord lu et retenu d'une phrase très importante, particulièrement une phrase divine, c'est son inversion radicale. Le sud à la place du nord, le oui pour le non, la mort au lieu de la vie...
Pourquoi ? Il semble que, lorsque nous rencontrons pour la première fois une parole vraie, nous commençons par entendre son sens inversé. J'ai cru comprendre que la psychanalyse avait aussi cette expérience. (Freud ne dit-il pas quelque chose comme ça : lorsqu'un patient dit : « J'ai rêvé d'un homme, ce n'est pas mon père », on peut être certain qu'il s'agit justement de lui ?)...
Notre premier mouvement lorsque nous voyons arriver la vérité, c'est de lui dire : je ne te vois pas. Peut-être est-ce un des sens de cette parole que j'aime particulièrement dans le psaume 62 ; « Dieu a dit une parole et j'en ai entendu deux »... Je comprends ainsi : l'homme commence par entendre la parole à l'envers, puis - s'il continue d'écouter évidemment - il l'entend à l'endroit.

Marie Balmary, Le moine et la psychanaliste, pages 104-105

N'allez donc pas croire ou répéter ce que je dis comme si c'était parole d'Évangile ! Laissez-vous désinstaller, quittez vos idées d'hier, cherchez, demandez, frappez... Le Verbe vous parlera à vous.

Un exemple de retournement : Tu ne voleras pas

Voici ce que dit Maurice Zundel du septième commandement (Ex 20,15 ou Dt 5,19).

L'étude de la pratique religieuse découvre un lien inquiétant entre celle-ci et une certaine aisance... la religion, à ce niveau, est fondée sur un solide attachement au précepte du Décalogue :"Tu ne voleras pas" qui semble garantir le caractère inaliénable de la propriété... Il est difficile d'imaginer une conception plus radicalement contraire à l'Évangile... On est trop heureux de voir conférer une autorité absolue à un commandement qui se trouve être, pour une fois, en parfait accord avec l'instinct possessif des hommes d'affaires... Il ne s'agit pas de justifier le vol, mais de se demander s'il ne pourrait se trouver, d'aventure, du côté des accapareurs qui retiennent, dans leur superflu, le nécessaire des autres...
Un tel changement ne peut évidemment s'opérer en prenant appui sur notre moi possessif, dont il nous faut décoller...
Le droit de propriété est, par essence, altruiste, tourné vers l'autre, il exige, de lui-même, une continuelle réadaptation de la distribution des biens qui doivent garantir effectivement à chacun la marge de sécurité qui conditionne le pouvoir de générosité où sa liberté s'accomplit.

Morale et mystique pages 89-91

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