Au fond de l'abîme / Face à l'angoisse / Avoir, pouvoir, savoir (1)
MàJ 1 septembre 2017      

Confronté à l'angoisse,
l'homme se réfugie dans l'avoir, le pouvoir, le savoir
Y aurait-il une autre voie ?

Tout fout le camp.
L'avoir est pillé, d'un côté par la délinquance, d'un autre par une élite politique et économique aux comportements de plus en plus mafieux.
Le pouvoir passe du père de "famille", de l'enseignant et de la police au caïd.
Le savoir est remplacé par le vide télévisuel. La culture religieuse n'existe quasi plus.
Eric Zemmour analyse dans "Le suicide français" (best-seller 2014) ce qui s'est passé depuis 1970. Un constat polémique et désespéré qui se nourrit des tendances réactionnaires du type Front National et les alimente.
Mais l'avenir ne peut pas être un retour au passé. Ne peut-on que se laisser dépouiller ? Ou sinon, comment réagir ?

Voici une succession de triplets. En les parcourant, vous penserez peut-être qu'il s'agit d'un délire mental.
C'est un concentré de concentré, fruit de nombreuses années de réflexions. Il demande sans doute autant de temps pour être digéré, pour qu'il fasse écho à votre expérience.
Toute créature porte en soi une structure proprement trinitaire, si réelle qu’elle pourrait être spontanément contemplée si le regard de l’être humain n’était pas limité, obscur et fragile. Il nous indique ainsi le défi d’essayer de lire la réalité avec une clé trinitaire. (encyclique du pape François Laudato Si' §239)

La voie du monde

La triple angoisse de l'homme (K. G. Dürckheim)
Ma vie n'a pas de sensJe suis seulJe vais mourir
à défaut d'être apaisée par l'amour, provoque dès la petite enfance une recherche de substituts
Mon biberonMa maman à mon serviceJ'obtiens en minaudant,
toute puissance

A l'âge adulte, la recherche de ces substituts se transforme en compétition acharnée
Avoir / PossessionVouloir - Pouvoir / PuissanceSavoir / Séduction
Accumuler des richesses,
vivre pour manger
Dominer les autres, les manipuler,
les obliger à m'aimer
Me faire valoir, en jouir,
me maquiller, mentir

Il en faut toujours plus pour masquer les sentiments qui affleurent
Peur
Je vais manquer
Colère
Les autres me laissent tomber
Tristesse
Aucun espoir dans l'avenir

Dans le domaine spirituel, le Fric, la Force et la Fesse sont le signe d'une dérive sectaire, d'un gourou qui abuse de son ascendant.
Mais dans les domaines profanes, c'est la récompense normale de la réussite !
L'économie, la financeLa politiqueLa publicité
Je vends et j'achète
pour un profit maximum
J'ai des relations, je rends des services, on me renvoie l'ascenseurJe garde pour moi mon savoir,
j'habille la vérité
même les philosophes justifient cette quête
Marx
veut donner du pain aux gens
Nietzsche
critique l'humilité chrétienne
Freud
valorise l'eros
et les chrétiens n'y échappent pas
En accumulant des connaissances théologiques (avoir)et en respectant la morale, les commandements (faire)pour se montrer parfaits
(être)

René Macaire décrit l'impasse dans laquelle se trouve l'homme prométhéen (sans Dieu).
Aux prises avec sa libido (instincts, pulsions...), il ne peut pas la suivre pour des raisons sociales, mais aussi intérieures. La triple angoisse de l'homme demeure s'il vit comme un animal, et il tombe dans la névrose.
L'homme cherche alors à sublimer sa libido dans un idéal au niveau de l'avoir, du pouvoir ou du savoir. C'est par exemple l'idéal de la France (De Gaulle), ou d'une société sans classes (Marx)...
Lénine et Staline, parvenus au pouvoir, ont rencontré des oppositions à la collectivisation des terres. Terrible dilemme. Plutôt que d'abandonner leur rêve, ils ont choisi la force, la Sibérie, le goulag.
La réussite des meilleurs dans cette voie prométhéenne se traduit par l'admiration des foules : un ersatz de l'amour qui a un goût de cendres.
Gandhi a emprunté un autre chemin, celui de la non-violence, de la foi en la capacité de changer de l'ennemi, de la patience... une folie pour la sagesse humaine pour laquelle la "lutte des classes" reste la référence.

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